En dix jours, le GR58 dessine une boucle complète au cœur du Queyras, dans les Hautes-Alpes. Le parcours relie des villages d’altitude, des forêts de mélèzes, des alpages et des cols élevés, avec des vues régulières sur les sommets du massif et la frontière italienne. Cette durée permet de traverser les grandes vallées sans concentrer toutes les ascensions dans un itinéraire trop court : une vraie randonnée d’itinérance, exigeante mais riche en étapes et en paysages.
Claire, randonneuse habituée aux sorties alpines, choisit cette formule pour avancer à son rythme, dormir en gîte ou en refuge et garder du temps pour les haltes. Elle part de Ceillac, passe notamment par Saint-Véran, le refuge Agnel, Abriès et Furfande, puis revient à son point de départ. Le séjour est proposé en liberté, avec un road book et une application numérique ; le transport des bagages peut être ajouté, sauf à l’étape de Furfande. Pour comparer ce circuit avec une version plus courte, consultez aussi cet itinéraire du Queyras en une semaine.
Tour du Queyras en 10 jours : l’esprit du GR58
Le circuit privilégie une découverte progressive du massif : vallons pastoraux, passages en crête et secteurs plus minéraux se succèdent au fil des étapes. Certaines journées offrent des variantes vers des sommets ou des lacs, mais elles ajoutent du dénivelé et doivent être choisies selon la météo, l’état du terrain et votre forme.
Le niveau est sportif : comptez environ 850 mètres de montée par jour en moyenne et des journées de marche proches de six heures. Les sentiers sont balisés, mais peuvent être raides ou caillouteux ; mieux vaut être à l’aise sur des itinéraires de montagne avant de s’engager. Pour situer votre expérience, ce guide détaille les niveaux de difficulté et les styles de randonnée.

Les étapes du Tour du Queyras, jour après jour
Voici le déroulé indicatif de la boucle. Les horaires et dénivelés sont des repères de préparation, non une garantie de durée : pauses, conditions du sentier et variantes peuvent modifier le temps nécessaire.
| Jour | Étape | Marche et dénivelé indicatifs | À retenir |
|---|---|---|---|
| 1 | Ceillac – col des Estronques – Saint-Véran | 6 h 30 ; +1 140 m / −800 m | Montée par la vallée du Cristillan, avec une variante possible vers la tête de la Jacquette. |
| 2 | Saint-Véran – refuge Agnel | 5 h 30 ; +930 m / −385 m | Chapelle de Clausis, col de Chamoussière et option vers le pic de Caramantran. |
| 3 | Refuge Agnel – col Vieux – l’Échalp | 4 h 30 ; +260 m / −1 140 m | Descente vers les lacs Foréant et Égorgéou ; variante alpine vers le Pain de Sucre. |
| 4 | La Monta – crêtes de Peyra Plata – Abriès | 5 h 30 ; +940 m / −1 100 m | Parcours de crête, passage à Valpréveyre et découverte de la flore locale. |
| 5 | Abriès – massif du Malrif – Fonts de Cervières | 6 h 30 ; +1 270 m / −770 m | Étape la plus sportive, avec de beaux points de vue sur le mont Viso. |
| 6 | Fonts de Cervières – col de Péas – Souliers | 5 h 30 ; +700 m / −800 m | Possibilité de passer par le lac des Cordes avant la descente vers le hameau. |
| 7 | Souliers – col du Tronchet – Arvieux | 5 h ; +550 m / −700 m | Vue sur le vallon de l’Izoard ; détour possible par le lac de Souliers. |
| 8 | Arvieux – alpage et refuge de Furfande | 5 h 30 ; +1 250 m / −200 m | Montée vers un vaste alpage ponctué de chalets ; les bagages ne sont pas transportés à cette étape. |
| 9 | Furfande – col de la Lauze – Bramousse | 5 h 30 ; +350 m / −950 m | Descente par les Escoyères et l’ancienne voie romaine, puis remontée vers le hameau. |
| 10 | Bramousse – col de Bramousse – Ceillac | 5 h ; +800 m / −650 m | Retour à Ceillac, avec une variante possible par les crêtes des Chambrettes. |
Cols, lacs et villages : les temps forts de la randonnée
De Saint-Véran au refuge Agnel, une entrée en altitude
La première étape mène de Ceillac à Saint-Véran par le col des Estronques. Le lendemain, le sentier gagne la haute vallée, passe près de l’ancienne mine de cuivre et de la chapelle de Clausis, puis franchit le col de Chamoussière à 2 884 mètres avant de rejoindre le refuge Agnel.
Le pic de Caramantran, à 3 021 mètres, constitue une variante réservée aux marcheurs préparés et aux conditions favorables. Si vous retenez une chambre de deux pour la nuit, l’organisation peut prévoir une étape différente avec hébergement à Chianale et transfert matinal au col Agnel : vérifiez ce point au moment de la réservation.
Des lacs du Haut-Queyras aux crêtes d’Abriès
Depuis le col Vieux, le parcours descend vers les lacs Foréant et Égorgéou, puis rejoint l’Échalp. Une variante par le Pain de Sucre, culminant à 3 208 mètres, ajoute une ascension nettement plus alpine. Le lendemain, les crêtes de Peyra Plata et le secteur de la Colette de Gilly ouvrent une autre perspective sur le massif, avant l’arrivée à Abriès et le passage par le hameau de Valpréveyre.
La cinquième journée, entre Abriès et les Fonts de Cervières, demande une bonne endurance. Le relief du Malrif impose une montée soutenue, mais les lacs et les panoramas sur le mont Viso donnent à cette étape son caractère mémorable ; mieux vaut partir tôt et garder une marge pour les pauses.
Furfande et Bramousse, une fin de boucle plus pastorale
Après le col de Péas et le col du Tronchet, l’itinéraire rejoint les alpages de Furfande, où les chalets témoignent d’une activité pastorale encore visible dans le paysage. Cette nuit en refuge est un moment à anticiper : elle est inaccessible aux véhicules, et il faut donc prévoir de porter ses affaires pour l’étape.
Le retour passe par les Escoyères et une ancienne voie romaine avant de remonter vers Bramousse. Pour la dernière journée, le col de Bramousse ramène à Ceillac ; la variante des Chambrettes offre un belvédère supplémentaire sur le Queyras et les Écrins, à envisager uniquement si le temps et l’énergie le permettent.
Préparer dix jours d’itinérance dans le Queyras
Dates, tarifs et formule d’hébergement
Les départs indiqués pour ce séjour vont du 1er juin au 23 septembre. Les tarifs fournis pour la grille 2026 varient selon le confort et le portage : confirmez les prix, les disponibilités et les conditions au moment de réserver, car les hébergements sont attribués sous réserve de place.
| Formule | Sans transport des bagages | Avec transport des bagages, sauf jour 8 |
|---|---|---|
| Dortoir | 810 € par personne | 920 € par personne |
| Chambre de deux en gîte | 1 030 € par personne | 1 140 € par personne |
Le séjour comprend les documents de voyage, les nuitées en demi-pension, les frais d’organisation et les taxes de séjour. Les repas de midi, les boissons, les assurances, les trajets jusqu’à Ceillac et le transport des bagages ne sont pas inclus dans la formule de base ; des pique-niques peuvent être réservés en option.
Bagages, orientation et équipement utile
Sans portage organisé, vous emportez tout votre nécessaire. Avec l’option bagages, vous ne gardez que les affaires de la journée, mais un sac souple de 12 kg maximum est demandé ; à Furfande, vous devrez garder avec vous le nécessaire pour la nuit. Les refuges et certains hébergements ne sont pas accessibles par la route.
- Chaussures : choisissez des chaussures de randonnée avec une bonne tenue de cheville et une semelle adaptée aux sentiers caillouteux.
- Vêtements : prévoyez plusieurs couches, une veste imperméable, une protection contre le soleil et des vêtements chauds pour les soirées en altitude.
- Eau et protection : emportez une gourde, des lunettes de soleil, de la crème solaire et une trousse de premiers soins personnelle.
- Navigation : gardez le road book, les cartes et l’application hors ligne à portée de main ; le réseau téléphonique peut être irrégulier.
- Vie en refuge : un drap de sac est utile, car les draps et serviettes ne sont pas fournis dans les hébergements concernés.
Le départ se fait à Ceillac et la boucle s’y termine après la dernière étape. L’itinéraire est sans guide : chaque marcheur doit pouvoir lire les indications fournies, adapter son rythme et renoncer à une variante si les conditions changent. En montagne, une bonne préparation rend l’aventure plus sûre et laisse davantage de place à la découverte.




