Le nord de Bali se découvre autrement que le sud : moins de bruit, moins d’adresses formatées, plus de reliefs, de brume et de villages où le quotidien balinais reste visible. Entre Bedugul, Lovina et Banjar, l’itinéraire traverse des lacs d’altitude, des rizières classées, des routes sinueuses bordées de girofliers, des plages de sable volcanique et plusieurs temples majeurs. C’est une région qui demande un peu d’organisation, mais qui récompense largement ceux qui acceptent de ralentir.
Pour donner un fil clair à cette exploration, imaginons Claire et Julien, arrivés d’Ubud avec trois jours devant eux. Leur erreur aurait été de vouloir tout voir en une seule journée. Le nord impose un rythme plus souple : partir tôt, garder du temps pour les trajets, vérifier la météo en montagne et choisir les sites selon l’énergie du moment. Ceux qui préparent un circuit plus large peuvent d’ailleurs intégrer cette étape dans un parcours complet comme un voyage de 15 jours à Bali, en réservant au minimum deux nuits dans la région.
Pourquoi visiter le nord de Bali entre Bedugul, Lovina et Banjar
Le nord de l’île appartient en grande partie à la régence de Buleleng, longtemps tournée vers Singaraja, ancienne capitale coloniale de Bali. Cette histoire explique l’atmosphère différente de la côte : on y trouve encore des traces d’architecture ancienne, des marchés moins touristiques et une relation plus directe avec la mer de Bali.
Bedugul marque l’entrée dans les hauteurs. Les températures y sont plus fraîches, les nuages descendent vite sur les crêtes, et les lacs structurent le paysage. Lovina, plus bas sur le littoral, offre une ambiance balnéaire tranquille, connue pour ses sorties en bateau au lever du jour afin d’observer les dauphins. Banjar, enfin, complète bien l’itinéraire avec ses sources chaudes et son monastère bouddhiste, rare à Bali.
Ce trio fonctionne parce qu’il équilibre nature, culture et repos. Le voyageur passe d’un temple posé sur l’eau à une plage noire, puis d’un bassin thermal à une cascade reculée. Le bénéfice est simple : en quelques jours, on comprend que Bali ne se résume ni aux beach clubs du sud ni aux rizières très fréquentées d’Ubud.

Comment circuler dans le nord de Bali sans perdre de temps
La question du transport conditionne réellement la réussite du séjour. Dans cette partie de l’île, les taxis sont rares, les transports publics très limités, et certaines routes deviennent exigeantes dès que l’on quitte les axes principaux. Pour Claire et Julien, qui venaient d’arriver à Bali, le choix le plus raisonnable a été de prendre un chauffeur à la journée.
En 2026, il faut généralement prévoir autour de 500 000 IDR par jour pour une voiture avec chauffeur, selon la distance, la durée, la saison et la capacité de négociation. Le scooter reste possible pour les voyageurs expérimentés, mais les routes entre Bedugul, Munduk, Wanagiri et Lovina sont sinueuses, parfois humides, avec des descentes serrées. Après une pluie, la prudence n’est pas une option.
- Voiture avec chauffeur : le choix le plus confortable pour relier plusieurs sites dans la journée.
- Scooter : adapté aux courts trajets autour de Lovina ou Banjar, à condition d’être à l’aise avec la conduite locale.
- Voiture de location : envisageable pour les conducteurs habitués à la conduite à gauche et aux routes de montagne.
- Excursion privée : pratique si l’on veut combiner temples, cascades et sources thermales sans gérer l’itinéraire.
Le bon réflexe consiste à organiser les visites par zones plutôt que par coups de cœur dispersés. Bedugul et Jatiluwih se combinent bien, Lovina et Banjar également, tandis que certaines cascades méritent une demi-journée à elles seules.
Bedugul Bali : lac Bratan, temple Ulun Danu et rizières de Jatiluwih
Bedugul est souvent réduit à une halte photo au bord du lac Bratan. Ce serait dommage, car la région permet de comprendre l’importance de l’eau dans la culture agricole balinaise. Les lacs de montagne alimentent une partie des réseaux d’irrigation traditionnels, liés au système du subak, reconnu par l’UNESCO.
Temple Ulun Danu Beratan : le sanctuaire emblématique du lac Bratan
Le temple Ulun Danu Beratan se dresse au bord du lac Bratan, dans un décor de montagnes souvent voilées. Dédié à Dewi Danu, divinité associée aux lacs et aux rivières, il occupe une place importante dans la spiritualité balinaise. Le site est particulièrement photogénique lorsque la lumière du matin effleure les toits meru.
Une visite d’environ trente à quarante-cinq minutes suffit pour parcourir les jardins et observer les bâtiments principaux. L’endroit est fréquenté, surtout en milieu de journée. Pour éviter une expérience trop dense, il vaut mieux arriver tôt ou accepter que ce site, malgré sa beauté, soit devenu l’un des arrêts classiques des circuits organisés.
Rizières de Jatiluwih : une marche paisible dans un paysage UNESCO
À quelques kilomètres au sud de Bedugul, les rizières de Jatiluwih offrent une expérience plus ample que les terrasses très visitées de Tegallalang. Les parcelles suivent les courbes du relief, les paysans travaillent encore dans les champs, et les chemins balisés permettent de marcher sans difficulté majeure.
L’accès se fait par une petite route de montagne, notamment via Jalan Batu Luwih Kawan. Le billet d’entrée tourne autour de 40 000 IDR par personne, un tarif à vérifier sur place car les prix peuvent évoluer. Plusieurs boucles existent, de la promenade courte à la marche plus longue. Pour une famille ou un couple qui veut respirer sans courir, c’est l’une des plus belles pauses du centre-nord de Bali.
Hôtel abandonné Taman Rekreasi Bedugul : visite insolite avec précaution
Le Taman Rekreasi Bedugul, souvent surnommé Ghost Palace, intrigue les voyageurs attirés par les lieux abandonnés. Sa construction aurait commencé dans les années 1990 avant d’être interrompue, laissant derrière elle un immense bâtiment vide, enveloppé de rumeurs et de récits locaux.
L’accès se fait à Batunya, dans le secteur de Baturiti. Un gardien peut demander une contribution, souvent autour de 10 000 IDR. L’intérêt du lieu tient à son atmosphère plus qu’à une visite patrimoniale structurée. Il faut y aller chaussé correctement, rester prudent dans les escaliers et éviter de s’y aventurer à la tombée de la nuit.
Lovina Bali : côte nord paisible, dauphins et snorkeling
Lovina n’est pas une ville unique mais un ensemble de villages étirés le long de la côte nord. Les plages sont composées de sable volcanique sombre, la mer est généralement calme, et l’ambiance reste plus discrète que dans les stations balnéaires du sud. On y vient pour souffler, marcher au bord de l’eau et partir tôt en mer.
Observer les dauphins à Lovina sans transformer la sortie en course
L’observation des dauphins au lever du soleil est l’activité la plus connue de Lovina. Les départs ont souvent lieu vers 6 h du matin, à bord de petites embarcations traditionnelles. Le spectacle peut être très beau : l’horizon s’éclaircit, les silhouettes des volcans se devinent au loin, et les groupes de cétacés apparaissent parfois près des bateaux.
Le point sensible reste la fréquentation. Certains matins, de nombreuses embarcations se regroupent autour des animaux. Pour une approche plus respectueuse, il faut choisir un prestataire qui garde ses distances, coupe le moteur lorsque c’est possible et refuse de poursuivre les dauphins. Une belle observation n’a pas besoin d’être intrusive.
Snorkeling à Lovina Beach et plongée à Puri Jati
Lovina convient bien au snorkeling accessible. À faible profondeur, on peut observer des poissons colorés sur des zones coralliennes proches du rivage, selon les conditions de mer. Pour les débutants, l’intérêt est de pouvoir faire une sortie courte sans traversée longue ni logistique lourde.
À environ vingt minutes à l’ouest, Puri Jati attire davantage les plongeurs et photographes sous-marins. On y cherche des créatures plus discrètes : pieuvres, poissons-clowns, hippocampes, concombres de mer et petites espèces adaptées à la macrophotographie. Ce n’est pas le site le plus spectaculaire pour le grand bleu, mais il plaît aux plongeurs curieux du détail.
Banjar Bali : sources chaudes et monastère bouddhiste face à la vallée
Banjar constitue une étape simple à intégrer depuis Lovina. En une demi-journée, on peut alterner bain thermal, visite culturelle et retour vers la côte. Le village est moins tourné vers le tourisme balnéaire, ce qui lui donne une atmosphère plus locale.
Sources chaudes de Banjar : bain sulfuré dans la végétation
Les sources chaudes de Banjar sont alimentées par une eau d’origine volcanique, légèrement sulfurée. Le site comprend plusieurs bassins et des jets qui tombent depuis des gueules sculptées. Le décor, entouré de verdure, permet une vraie pause après les routes de montagne ou une sortie matinale en mer.
Les horaires habituels s’étendent de 8 h à 18 h. Le meilleur moment reste le matin, idéalement avant 10 h, lorsque les groupes ne sont pas encore arrivés. Un détail pratique : prévoyez un maillot auquel vous ne tenez pas trop, car l’eau minérale peut laisser une odeur persistante.
Brahma Vihara Arama : l’un des lieux spirituels les plus singuliers du nord de Bali
Le monastère Brahma Vihara Arama domine la région depuis les hauteurs de Banjar. C’est l’unique grand monastère bouddhiste de Bali, une particularité dans une île majoritairement hindoue. Son architecture, ses jardins et ses terrasses rappellent l’ouverture religieuse historique de l’archipel indonésien.
La visite demande une tenue correcte. Un sarong est généralement prêté sur place, et l’entrée fonctionne souvent avec donation. Depuis les plateformes supérieures, la vue descend vers les rizières, la vallée et la mer. Ceux qui aiment les lieux de culte en Asie pourront prolonger cette curiosité avec un guide consacré aux temples de Chiang Mai, utile pour comparer les influences bouddhistes d’une région à l’autre.
Cascades du nord de Bali : Aling-Aling, Banyumala et Sekumpul
Les cascades donnent au nord de Bali son caractère le plus sauvage. Elles se méritent parfois par des marches humides, des escaliers raides ou des accès en scooter, mais elles offrent une fraîcheur bienvenue. Il faut prévoir des chaussures fermées, un sac léger, de l’eau et une protection pour le téléphone.
Aling-Aling : sauts, toboggans naturels et guide local
Les cascades d’Aling-Aling se trouvent vers Sambangan, à environ vingt minutes en scooter depuis Lovina. Le secteur est connu pour ses sauts dans l’eau, avec des hauteurs variables allant de quelques mètres à des plateformes plus impressionnantes. Sans guide, l’accès simple peut être possible, mais la baignade et les sauts sont généralement encadrés.
Le billet d’entrée basique est souvent autour de 10 000 IDR, tandis que les parcours accompagnés peuvent atteindre environ 120 000 IDR par personne, selon la formule. Pour Claire et Julien, le guide a eu un vrai intérêt : il indiquait où poser les pieds, quelles zones éviter et quand le débit rendait certains passages déconseillés.
Banyumala Twin Waterfall : l’une des plus belles baignades du secteur
Banyumala Twin Waterfall demande un accès un peu plus engagé. Après la route, une marche descend dans une végétation dense avant d’atteindre deux chutes qui se rejoignent dans un bassin naturel. L’endroit reste plus paisible que les cascades les plus connues du sud de Bali.
L’entrée se situe souvent autour de 15 000 IDR par personne. Le site convient bien aux voyageurs qui cherchent une baignade calme plutôt qu’une activité sportive. Après une pluie forte, les marches peuvent devenir glissantes ; mieux vaut prendre son temps que transformer la visite en épreuve.
Sekumpul : randonnée courte et spectacle vertical
Les cascades de Sekumpul figurent parmi les plus impressionnantes de Bali. La marche d’approche dure environ trente minutes, avec des passages sur rochers et des zones parfois humides. Le décor est puissant : plusieurs rideaux d’eau tombent dans une vallée profonde, créant une brume fraîche au pied des chutes.
À l’arrivée, certains visiteurs peuvent être orientés vers des forfaits incluant guide, entrée et remontée en scooter. Un accompagnement peut être utile pour les personnes peu habituées aux sentiers tropicaux, mais il faut demander clairement ce qui est obligatoire et ce qui ne l’est pas. Une négociation calme évite souvent les malentendus.
Itinéraire conseillé pour une exploration approfondie du nord de Bali
Un séjour réussi dans cette région repose sur un découpage réaliste. Trois jours permettent déjà une belle lecture du territoire, sans passer son temps sur la route. Deux jours restent possibles, mais obligent à choisir entre cascades, bains chauds et sorties en mer.
| Jour | Base conseillée | Programme réaliste | Conseil pratique |
|---|---|---|---|
| Jour 1 | Bedugul ou Munduk | Lac Bratan, temple Ulun Danu Beratan, rizières de Jatiluwih | Partir tôt pour profiter de la lumière et limiter les foules |
| Jour 2 | Lovina | Route vers la côte, snorkeling, coucher de soleil sur plage volcanique | Réserver la sortie dauphins avec un prestataire respectueux |
| Jour 3 | Lovina ou Banjar | Dauphins à l’aube, sources chaudes de Banjar, Brahma Vihara Arama | Garder l’après-midi souple pour une cascade ou du repos |
| Jour 4 optionnel | Sambangan ou Munduk | Aling-Aling, Banyumala ou Sekumpul | Prévoir chaussures fermées et marge météo |
Pour les voyageurs habitués aux circuits en liberté, cette logique rappelle celle d’un itinéraire bien construit : peu d’étapes, mais assez de marge pour laisser une place à l’imprévu. Ceux qui aiment ce type d’organisation peuvent retrouver le même esprit dans un itinéraire de découverte du Péloponnèse, où les distances et les pauses changent également la qualité du voyage.
Où dormir à Bedugul, Lovina et Banjar selon son budget
Le choix de l’hébergement dépend du rythme souhaité. Bedugul convient aux voyageurs qui veulent être proches des lacs, des rizières et des routes de montagne. Lovina est plus pratique pour les sorties en mer, les restaurants simples et les déplacements vers Banjar. Dormir près de Banjar peut être intéressant pour ceux qui recherchent un environnement plus calme.
Les tarifs évoluent selon la saison, les plateformes et le taux de change. Les repères suivants donnent une idée des gammes courantes : à Bedugul, on trouve des homestays économiques autour de 20 à 30 € la nuit, des hôtels confortables entre 30 et 50 €, puis des resorts plus soignés autour de 70 à 100 €. À Lovina, l’offre est plus large, avec de petites adresses familiales à bas prix et des hôtels de charme en bord de mer.
- Petit budget à Bedugul : Dajan Buyan Homestay, Pondok Nyoman, Pacung Indah Hotel.
- Confort intermédiaire à Bedugul : BaliTrekk Boutique Hotel, CLV Hotel & Villa, Strawberry Hill Hotel & Restaurant.
- Adresses plus confortables à Bedugul : Saranam Resort & Spa, Little Lake Villa, Villa Puri Candikuning.
- Petit budget à Lovina : Bayu Mantra Bungalows, Gede Homestay, Villa Jaya, Puri Bali Hotel.
- Milieu de gamme à Lovina : Lovina Oasis Hotel, Frangipani Beach Hotel, Lovina Life, Villa Lumbalumba.
- Séjour plus soigné à Lovina : 1000 Dream Bungalow, Sing Sing Resort, Aneka Lovina Villas & Spa, The Raja Singha Boutique Hotel.
Le meilleur compromis consiste souvent à dormir une nuit en altitude, puis deux nuits à Lovina. Cette répartition évite les allers-retours inutiles et permet de vivre deux ambiances très différentes : la fraîcheur des montagnes, puis la lenteur maritime de la côte nord.
Conseils pratiques pour profiter du nord de Bali en 2026
Le nord demande moins de formalités que de bon sens. La météo change vite en montagne, les distances paraissent courtes sur une carte mais longues sur route, et les sites naturels imposent parfois de la souplesse. Un programme trop serré finit par retirer ce que la région a de meilleur : son calme.
Il faut emporter un vêtement léger pour Bedugul, surtout le soir, ainsi qu’une protection pluie entre les lacs et les cascades. Pour les visites de temples, gardez toujours un sarong ou un foulard dans le sac. Les donations ne sont pas de simples détails : elles participent souvent à l’entretien des lieux religieux et à la vie des communautés locales.
Enfin, privilégiez les départs matinaux. À Jatiluwih, la lumière est plus douce ; à Banjar, les bassins sont plus calmes ; à Lovina, la mer se découvre avant la chaleur. Dans le nord de Bali, celui qui part tôt ne gagne pas seulement du temps : il gagne la meilleure version des lieux.




